Alors que des dizaines de millions de dollars ont déjà été versés à l’entreprise liée à Erik Prince, les résultats promis dans la lutte contre l’insécurité continuent de susciter de nombreuses interrogations. Une enquête de O-News 1ère révèle que l’accord controversé a été renouvelé pour une année supplémentaire, loin des regards du public.
Selon des informations recueillies par O-News 1ère auprès de plusieurs sources proches du dossier, l’accord liant l’État haïtien à Windward Wyoming LLC, une société associée à l’entrepreneur américain Erik Prince, a été renouvelé pour une nouvelle période d’un an. Cette décision est intervenue alors que l’entente initiale, évaluée à 52 millions de dollars, arrivait à échéance en mars 2026 et que les autorités n’ont jamais publié les détails complets de cet engagement financé par les contribuables haïtiens.
Notre enquête révèle également que ce renouvellement intervient dans un contexte marqué par de vives critiques concernant les performances du programme. Des données rendues publiques en mars 2026 par la Fondation Je Klere (FJKL) indiquent qu’environ 35,5 millions de dollars avaient déjà été décaissés au cours des huit premiers mois du contrat. Pourtant, sur le terrain, les gangs armés continuent d’étendre leur influence dans plusieurs régions du pays, tandis que les promesses de rétablissement rapide de la sécurité peinent à convaincre une population confrontée quotidiennement aux violences.
L’existence d’un partenariat de longue durée avait déjà été évoquée par Erik Prince lui-même. Dans une entrevue accordée à Reuters en août 2025, le fondateur de Blackwater et actuel dirigeant de Vectus Global avait affirmé que son organisation disposait d’un contrat de dix ans avec les autorités haïtiennes pour contribuer au rétablissement de la sécurité et à la réforme de la perception fiscale. Malgré l’ampleur de cet engagement, les autorités haïtiennes ont jusqu’ici gardé le silence sur plusieurs aspects essentiels de l’accord, notamment ses objectifs précis, ses mécanismes de contrôle et les critères d’évaluation des résultats.
Personnage controversé de l’industrie mondiale de la sécurité privée, Erik Prince demeure associé à l’héritage de Blackwater, société devenue tristement célèbre après la mort de 17 civils irakiens à Bagdad en 2007. Près de vingt ans après ce scandale international, sa présence au cœur du dispositif sécuritaire haïtien continue d’alimenter les controverses. Entre opacité, dépenses colossales et résultats contestés, le renouvellement discret de ce contrat risque d’alimenter davantage les questions que les réponses au sein d’une population toujours confrontée à la terreur des gangs armés.
