L’un des suspects les plus explosifs dans l’assassinat de Jovenel Moïse pourrait bientôt faire face à la justice américaine. Entre accusations accablantes, révélations du procès fédéral et pression internationale, l’affaire Badio entre dans une nouvelle phase à haut risque.
Arrêté le 19 octobre 2023 à Pétion-Ville après plus de deux ans de cavale, Joseph Félix Badio apparaît aujourd’hui comme une pièce centrale du dossier Jovenel Moïse. Bien qu’il ne soit pas encore inculpé aux États-Unis, son nom revient avec insistance dans les audiences du procès fédéral à Miami, actuellement dans sa neuvième session. Selon plusieurs témoignages, il aurait joué un rôle clé dans la coordination de l’opération ayant conduit à l’assassinat du président haïtien dans sa résidence à Pèlerin 5, le 7 juillet 2021.
Lors de la sixième session du procès, le condamné John Joël Joseph a notamment affirmé devant la justice américaine que Badio aurait financé la location de véhicules, fourni de faux insignes de la DEA ainsi que des plaques diplomatiques afin de faire passer le commando pour une mission officielle américaine. Plus glaçant encore, il aurait suggéré de faire disparaître le corps du président en le découpant avant de le jeter à la mer. Des déclarations qui renforcent la gravité des soupçons pesant sur lui.
Intervenant jeudi 7 mai 2026 dans la matinale de la RTVC au sujet du procès fédéral américain, le directeur exécutif du RNDDH, Pierre Espérance, estime qu’une extradition de Joseph Félix Badio vers les États-Unis serait désormais imminente. « Je pense qu’il est incontournable qu’il y aura un procès pour Badio aux États-Unis », a-t-il affirmé. Une perspective qui pourrait ouvrir la voie à des révélations explosives sur les réseaux, complicités et protections ayant entouré le crime du 7 juillet 2021.
Le vendredi 1er mai 2026, une déclaration commune du juge fédéral américain a encore aggravé la pression autour de Badio. Selon cette révélation, il se serait réfugié chez l’ancien Premier ministre Ariel Henry immédiatement après l’assassinat. Une affirmation qui fait l’effet d’une onde de choc et pourrait rebattre les cartes dans l’un des dossiers les plus sensibles de l’histoire contemporaine d’Haïti.
