Le drame de la Citadelle Henri à Milot (Nord d’Haïti) révèle une faillite sécuritaire d’une gravité extrême. Alors que des milliers de personnes envahissaient le site, un seul gardien était en poste pour tenter de contenir une foule hors de contrôle. Témoignage accablant.
C’était le chaos total. Le jour de la tragédie, soit le samedi 11 mars, sur les deux gardiens censés assurer la sécurité à l’intérieur du site, un seul était présent. Fort de ses années d’expérience à la Citadelle Henri, le gardien Techelet Valmyr affirme, au micro de O-News 1ère, n’avoir jamais été confronté à une telle marée humaine.
Dépassé en quelques minutes, dès 14 heures, il a été englouti par une situation devenue totalement incontrôlable, courant dans tous les sens sans jamais pouvoir reprendre la moindre maîtrise.
À l’intérieur comme à l’extérieur, les alertes fusaient de partout. Cris, désordre, panique : les appels se multipliaient pour signaler un chaos grandissant, annonçant une catastrophe imminente. Mais face à une foule estimée à près de 20 000 personnes, un seul gardien ne pouvait rien.

Pendant ce temps, selon plusieurs témoignages, la mairie continuait de vendre des bracelets d’accès à 150 gourdes, contribuant à aggraver une situation déjà explosive.
Pour tout moyen d’intervention, l’agent ne disposait que d’un simple bâton. Aucun dispositif de sécurité adapté, aucune force de renfort, aucune capacité réelle de gestion de foule. Dans ces conditions, le drame apparaît aujourd’hui comme le résultat d’une négligence grave.
Plus d’un s’interroge désormais avec colère : qui va enfin répondre de cette défaillance majeure ? La mairie ? L’ISPAN ? L’ANAP ? La BSAP ? Le ministère de la Culture ? Celui du Tourisme ? Ou personne, comme trop souvent ?
