Silence de l’État, drame humain : à Ouanaminthe, hôpital fermé, femmes enceintes livrées à elles-mêmes

Une crise sociale prolongée a conduit à la fermeture du Centre médico-social d’Ouanaminthe, laissant toute une population du Nord-Est — notamment les femmes enceintes — sans accès aux soins, dans un contexte déjà fragilisé par les restrictions à la frontière avec la République dominicaine.

Depuis plus de six semaines, les professionnels de santé multiplient les actions pour dénoncer le non-paiement de 10 à 15 mois de salaires et l’absence de reconnaissance administrative. Une mobilisation qui a fini par paralyser totalement les services de l’établissement.

« Cela n’a que trop duré », déplore le Dr Patrick Joseph. « Nous sommes en lutte depuis plus d’un mois et demi, mais beaucoup d’entre nous attendent toujours leur salaire et leur régularisation. »

Faute de réponse des autorités, les patients sont aujourd’hui livrés à eux-mêmes. L’hôpital étant complètement fermé, ils n’ont d’autre choix que de repartir ou de se tourner vers des structures privées, souvent inaccessibles financièrement.

À Ouanaminthe, une consultation dans le privé coûte entre 1000 et 1500 gourdes (8 à 12 dollars), tandis qu’une visite gynécologique dépasse les 2000 gourdes (environ 16 dollars). Des montants exorbitants pour une population vivant majoritairement avec moins de 2 dollars par jour, alors qu’auparavant, une consultation à l’hôpital public revenait à environ 250 gourdes.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *