HAÏTI — Tabarre : plus de 10 maisons de familles fuyant les violences des gangs déjà démolies au bulldozer, l’État haïtien rase sous pression de l’ambassade américaine

Maisons pulvérisées, habitants absents, décision venue d’en haut. À Tabarre, l’opération de démolition des habitations de riverains chassés par le gang « Kraze Baryè », dirigé par Vitel’Homme Innocent, déclenchée autour de l’ambassade américaine, soulève une onde de choc nationale.

À marche forcée, l’État haïtien a lancé une opération brutale dans la commune de Tabarre, visant des habitations situées à proximité immédiate de l’ambassade américaine. Argument avancé : ces constructions représenteraient une menace trop élevée pour la sécurité diplomatique.

Une décision assumée par les autorités, avec en toile de fond des échanges directs, depuis déjà 6 mois, entre l’ambassade et le gouvernement. Résultat : des maisons rasées, sans ménagement. Selon nos informations, l’ancien ministre des Finances, Alfred Fils Métellus, avait évoqué une démarche visant à démolir, puis avec promesse d’indemniser les propriétaires concernés.

Mais sur le terrain, la méthode scandalise. Aucune coordination avec la mairie de Tabarre, aucune transparence locale, selon une autorité municipale jointe par O-News 1ère. Le Ministère des Travaux publics, Transports et Communications (MTPTC), épaulé par la Police nationale d’Haïti (PNH), a frappé vite, fort et sans concertation.

Plus révoltant encore : les maisons visées appartiennent en grande partie à des familles ayant fui les violences des gangs, laissant derrière elles leurs biens… Absentes, vulnérables, elles découvrent aujourd’hui leurs domiciles réduits en gravats.

Tout repose sur un texte officiel. Un arrêté daté du 24 mars 2026, publié dans Le Moniteur, a classé une surface d’environ 1 289 mètres carrés près de l’ambassade d’« utilité publique ». C’est sur cette base que le gouvernement dirigé par le Premier ministre de facto, adoubé par les États-Unis, Alix Didier Fils-Aimé, justifie la destruction des habitations de ces Haïtiens.

Selon les informations recueillies par O-News 1ère auprès d’une source officielle, le ministère de l’Intérieur et des collectivités territoriales a déjà en main une quinzaine de chèques prêts pour indemniser certains propriétaires… triés sur le volet, notamment ceux disposant de titres légaux.

Entre impératif sécuritaire et respect des droits des citoyens haïtiens de disposer de leurs biens dans leur pays, le débat est explosif. L’État agit-il pour protéger ou au détriment des plus vulnérables ? Protection diplomatique ou injustice sociale ? Une chose est sûre : à Tabarre, la ligne est mince… et la colère monte.

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