Cap-Haïtien : le terrain de foot de « La Fossette » livré aux ordures, 50 millions de gourdes évaporés… la mairie doit rendre des comptes

À La Fossette, dans la zone de l’ancien abattoir de Cap-Haïtien, un espace sportif essentiel pour la jeunesse a été sacrifié et transformé en dépotoir à ciel ouvert. Malgré les alertes répétées des riverains, aucune action concrète n’a été menée. Indignation, colère et sentiment d’abandon gagnent le quartier.

À quelques mètres des habitations, là où résonnaient autrefois les cris des jeunes joueurs; et s’organisaient des matchs et des tournois, s’élève aujourd’hui une montagne de déchets. Plastiques, détritus ménagers, gravats, eaux stagnantes et fumées toxiques ont remplacé le ballon rond, les filets et les tribunes improvisées. Le terrain de La Fossette est devenu l’image brutale d’une ville qui laisse ses jeunes sans horizon.

Depuis la fin de l’année 2025, cet espace vital pour la jeunesse s’est transformé en parc à déchets. Un lieu qui servait à prévenir la délinquance juvénile et à offrir une alternative saine aux jeunes du quartier est aujourd’hui un danger sanitaire permanent. L’espace s’est dégradé sous les yeux des autorités.

Les habitants dénoncent une inaction persistante. Les jeunes, privés de leur seul lieu de loisirs, voient disparaître un rempart contre l’oisiveté et la délinquance. « On nous promet, mais rien ne vient. Maintenant, nous ne savons plus vers qui nous tourner », confie un jeune de 24 ans, visiblement dépassé.

Pourtant, le 20 novembre 2025, une note circulaire du Ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales avait annoncé l’allocation de 50 millions de gourdes à la Commission municipale du Cap-Haïtien pour des travaux d’assainissement. Mais à La Fossette, aucune trace d’intervention. Aucun nettoyage structuré. Aucun plan visible. Où sont passés les fonds ?

À chaque pluie, la zone se transforme en marécage insalubre. Les eaux charriant les déchets envahissent les abords des maisons et propagent les mauvaises odeurs. Les risques sanitaires augmentent. Les familles vivent dans la crainte d’épidémies et d’accidents, sans interlocuteur ni solution.

Les jeunes, eux, voient disparaître leur unique espace de loisirs. Certains habitants redoutent que cette marginalisation favorise la montée de l’insécurité et de la délinquance. « On nous enlève tout », déplore un groupe de jeunes rencontrés sur place.

Face à cette crise, la population réclame des réponses claires, des actes immédiats et un plan transparent. Nettoyer, sécuriser, réhabiliter : l’urgence est là. Le silence administratif n’est plus tenable. À La Fossette, l’abandon n’est pas une fatalité — c’est un choix politique qui doit cesser.

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