Selon l’avocat Guerby Blaise, le coordonnateur du Conseil présidentiel de transition (CPT), Laurent Saint-Cyr, ne disposerait d’aucune base légale pour empêcher la publication de la résolution visant à révoquer le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Une situation qui soulève une question centrale : quelles sont réellement les conséquences d’un tel blocage ?
D’après l’article 11 du décret instituant le CPT, Laurent Saint-Cyr serait tenu de signer et de transmettre aux Presses nationales la résolution adoptée par cinq conseillers-présidents en vue de sa publication dans le journal officiel du pays « Le Moniteur ». Pour Me Guerby Blaise, son rôle est strictement administratif et exécutif : il ne peut ni influencer ni entraver l’expression de la majorité.
Le problème, souligne le juriste, réside dans une faille majeure : le décret ne prévoit aucune sanction en cas de refus d’exécution ou de désobéissance aux décisions collectives. Autrement dit, même en cas de rébellion politique ouverte contre la majorité, aucun mécanisme formel ne permettrait de punir ou de révoquer le coordonnateur, révélant une faiblesse structurelle préoccupante au sommet de l’appareil de transition.
Plus encore, l’article 33 du décret verrouille toute possibilité de remplacement d’un membre du Conseil présidentiel, sauf en cas d’infraction grave à la loi. Or, ce décret ne disposant pas de la force juridique d’une loi formelle, il limite toute action coercitive effective. Résultat : un système institutionnel fragilisé, un pouvoir sans véritable contrepoids et une transition exposée à un risque de paralysie, à un moment où le pays a un besoin urgent d’autorité, de clarté et de responsabilité.
