En lançant un nouvel ultimatum aux gangs armés, le Directeur général de la PNH, André Jonas Vladimir Paraison, tente d’afficher une posture d’homme fort. Mais pour une population prise en otage par l’insécurité, ces discours ressemblent de plus en plus à un théâtre politique, loin des promesses concrètes de guerre totale contre les gangs.
Lors de son intervention du mardi 20 janvier 2026, le DG de la PNH a exhorté les gangs à déposer les armes, affirmant que la police dispose désormais des moyens pour les traquer. Une déclaration martiale, aux accents d’autorité, mais qui sonne creux dans un pays où les criminels continuent d’étendre leur emprise sans crainte réelle.
Le problème n’est plus un manque de mots, mais un excès de mise en scène. Paraison multiplie les annonces, brandit des ultimatums, joue au chef de guerre médiatique, pendant que les gangs, eux, consolident leur pouvoir sur le terrain. Où sont les opérations massives, continues, coordonnées et visibles promises à la nation ?
Pire encore, de nombreux signaux indiquent que le commandement de la PNH serait davantage absorbé par les calculs politiques liés au 7 février, au service de clans et d’intérêts partisans, que par la mission sacrée de sécuriser la population. Une police prise en otage par la politique, au détriment de la sécurité nationale.
Pendant ce temps, les haïtiens meurent, fuient, s’appauvrissent et vivent sous la terreur. Des quartiers entiers restent livrés aux gangs, l’économie étouffe, la peur est devenue la norme. Face à cette tragédie quotidienne, la rhétorique musclée du DG ressemble à une insulte à la souffrance populaire.
Haïti n’a pas besoin d’un « Vladimir Paraison » de façade, jouant au dirigeant autoritaire dans les médias. Elle a besoin d’un chef policier qui frappe fort, agit sans calcul politique et tient parole. La guerre contre les gangs ne doit pas être un slogan du 7 février. Elle doit être une réalité immédiate, totale et sans compromis.
