Pendant que les élites politiques haïtiennes s’enlisent dans des querelles de pouvoir stériles, des Haïtiens sans défense paient le prix fort de cette impasse, loin des caméras. Ils subissent humiliations, abus et extorsions dans le nord-ouest de la République dominicaine.
Alors que le Premier ministre révoqué Alix Fils-Aimé, en connivence avec le coordonnateur du CPT Laurent St-Cyr, s’enferre dans un bras de fer politique avec les cinq conseillers-présidents révocateurs, des travailleurs agricoles haïtiens subissent humiliations, abus et présumées extorsions dans le nord-ouest de la République dominicaine. L’État haïtien, paralysé et inaudible, laisse ses ressortissants exposés à toutes les dérives à l’étranger.
Selon une enquête relayée par le média en ligne haïtien Satellite 509, la question a été soulevée lors d’échanges entre producteurs locaux et autorités migratoires, après une série de plaintes enregistrées dans plusieurs communautés rurales. Les faits décrits révèlent un système de contrôle migratoire brutal, ciblant des travailleurs déjà précaires.
Des centaines de travailleurs haïtiens employés dans les champs de Doña Antonia et d’autres zones du district municipal de Hatillo Palma, dans la commune de Guayubín (province de Montecristi), affirment avoir été victimes d’abus lors d’opérations de contrôle migratoire menées sur des chemins ruraux et dans des zones de culture.
Interpellés en pleine activité agricole par des membres de l’Armée dominicaine, ces travailleurs disent avoir été retenus avec leurs motocyclettes, puis libérés uniquement après avoir payé des sommes allant de 6 000 à 8 000 pesos dominicains, sans jamais récupérer leurs engins. Une pratique assimilable à une extorsion systématique, rendue possible par le silence, l’inaction et l’irresponsabilité des autorités haïtiennes, trop occupées à se battre pour le pouvoir au lieu de défendre la dignité de leur peuple.
