Une vaste enquête explosive menée par la Police judiciaire depuis fin février 2026 mettrait au jour de possibles connexions troublantes entre des éléments de la Police nationale d’Haïti et des réseaux de kidnapping. Plusieurs arrestations ont déjà été effectuées. Une source policière directement impliquée dans l’enquête s’est confiée à O-News 1ère.
Le dossier, jugé « extrêmement sensible », pourrait provoquer un véritable séisme institutionnel. Selon les informations obtenues par O-News 1ère, les premiers signaux alarmants remonteraient à octobre 2025. Sur le terrain, la mécanique du kidnapping ont commencé à changer de visage. Certains groupes armés ont même laissé entendre qu’ils ne détenaient plus seuls le monopole de ces opérations criminelles, laissant planer de lourds soupçons sur l’existence de complicités internes au sein même des forces chargées de protéger la population.
Malgré des signaux d’alerte persistants, l’ouverture d’investigations approfondies a pris du temps. Des observateurs évoquent une réaction jugée tardive face à l’ampleur du phénomène. Toutefois, une source policière directement impliquée dans l’enquête souligne la complexité du dossier et la nécessité de réunir des preuves solides avant toute intervention d’envergure.
Le dossier a connu une accélération notable les 21 et 22 février 2026. Des opérations de filature décisives menées par la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) ont permis l’interpellation de plusieurs individus présentés comme des « antèn » (guetteurs, en français) de gangs spécialisés dans les enlèvements.
Mais le choc est venu d’ailleurs. Parmi les personnes interpellées figurent également des policiers soupçonnés d’entretenir des liens avec ces réseaux criminels. Toujours selon notre source, les enquêteurs ont réussi à remonter jusqu’à l’un des cerveaux présumés du réseau lors d’interventions menées notamment dans des zones situées à proximité de la Télévision nationale d’Haïti (TNH), à Delmas 33.
À ce stade de l’enquête, au moins cinq policiers sont déjà sous le coup de mesures judiciaires. Il s’agit d’un agent de la Brigade d’opérations et d’intervention départementale (BOID), de deux agents du Corps d’intervention et de maintien de l’ordre (CIMO), d’un policier affecté à la circulation routière, ainsi que d’un autre agent relevant de l’administration policière, sur lequel les investigations viennent tout juste de s’intensifier, souligne notre source policière liée à l’enquête.
La même source insiste sur le fait que l’enquête ne fait que commencer. Elle évoque un dossier « extrêmement sensible », susceptible de révéler l’existence d’un réseau structuré mêlant bandits et complicités internes, capable d’expliquer pourquoi certaines opérations de kidnapping semblaient si bien planifiées… et parfois si difficiles à déjouer.
O-News 1ère continue de suivre ce dossier de très près. D’autres révélations pourraient intervenir dans les prochains jours.
