Révélations choc : « Le suspect numéro 1 dans l’assassinat de Jovenel Moïse n’a jamais été interrogé par le FBI »

Les autorités haïtiennes auraient sollicité leurs homologues américains afin qu’ils prennent en charge une figure clé de l’enquête sur l’assassinat du président Jovenel Moïse. Pourtant, cet individu demeure en Haïti, sans inculpation aux États-Unis et sans avoir été interrogé par des agents fédéraux, selon des éléments évoqués devant la justice américaine.

Ces révélations concernent Joseph Félix Badio, ancien cadre de l’unité anti-corruption haïtienne, limogé quelques mois avant le crime. Son nom a refait surface lundi 23 mars lors du contre-interrogatoire d’un agent du FBI ayant agi comme responsable de l’enquête. Pour la défense d’Arcángel Pretel Ortiz, ex-informateur du FBI et ressortissant colombien, il s’agit d’une faille majeure : plus de 200 entretiens auraient été menés sans qu’aucun agent américain ne juge nécessaire de l’interroger.

L’agent spécial Nicholas Rahmer a reconnu avoir entendu, à travers les médias et certains protagonistes du dossier, que les autorités haïtiennes souhaitaient le transfert de Badio vers les États-Unis après son arrestation à Port-au-Prince, au terme de deux années de cavale. Il a toutefois précisé que cette décision ne relevait pas de lui, ajoutant qu’il était désormais éloigné du dossier depuis deux ans.

Interrogé sur l’importance de cet ancien fonctionnaire dans l’enquête, Rahmer a admis qu’il s’agissait « de quelqu’un d’important pour l’affaire ». Tout en rejetant les critiques de la défense, qui qualifie l’enquête du FBI d’« incomplète », il a assuré que les investigations se poursuivaient.

Rahmer révèle une enquête tentaculaire menée sur plusieurs fronts. Les agents fédéraux ont conduit entre 250 et 300 entretiens à travers la Jamaïque, la République dominicaine, la Colombie, Haïti et plusieurs villes des États-Unis. Pourtant, fait troublant : aucune des personnes interrogées, a-t-il reconnu, n’était Joseph Félix Badio, figure centrale de l’enquête haïtienne, finalement arrêté en octobre 2023.

L’enquêteur a avancé que l’instabilité chronique en Haïti a lourdement entravé les investigations. « Un nombre important d’incidents survenus sur le territoire haïtien a rendu extrêmement difficile toute intervention directe », a-t-il déclaré, soulignant les obstacles sécuritaires majeurs qui ont freiné la progression du dossier.

Crédit 📸 : Dieu-Nalio Chéry

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