Merci aux 5 conseillers-présidents : sanctions américaines, vous avez forcé Haïti à ouvrir les yeux

Il faut parfois des crises pour révéler la vérité. La République haïtienne vous doit, paradoxalement, une forme de reconnaissance. Smith Augustin, Louis Gérald Gilles, Édgard Leblanc Fils, Fritz Alphonse Jean et Lesly Voltaire, par votre gestion chaotique, vos contradictions et vos errements, vous avez, malgré vous, levé le voile sur un système opaque et profondément politique : le vrai visage du jeu des sanctions américaines contre les politiciens haïtiens. Grâce à vous, le peuple comprend enfin comment fonctionne cette mécanique d’humiliation et de domination.

Merci de nous avoir permis d’y voir clair. Désormais, plus personne ne peut ignorer que lorsqu’un dirigeant haïtien est sanctionné par Washington, ce n’est pas toujours pour corruption ou collusion avec les gangs, mais souvent parce qu’il résiste, refuse d’obéir ou cesse d’être utile aux intérêts étrangers. Les visas deviennent des menottes diplomatiques. Les accusations deviennent des armes politiques. La morale devient un prétexte.

La République vous remercie pour cette révélation historique. Vous avez exposé un système où les États-Unis fabriquent des coupables, imposent des récits, manipulent l’opinion et dictent qui mérite de gouverner Haïti.

Vous avez, malgré vous, ouvert les yeux d’une nation trop longtemps trompée par les discours sur la « bonne gouvernance » et la lutte « contre la corruption » ou « contre la complicité criminelle », pendant que se jouait un bras de fer géopolitique.

Mais soyons clairs : vous n’êtes pas des héros. Vous êtes aussi comptables du désastre. Vous n’avez pas été, et vous ne serez sans doute pas, des modèles de gouvernance. Gangrenés par la corruption, compromis avec des forces qui saignent le pays, trop souvent prêts à plaire aux ambassades occidentales plutôt qu’à servir la souveraineté nationale. Vous n’avez pas été, vous n’êtes pas et vous ne serez probablement pas de dignes fils de la République.

Et pourtant, l’histoire retiendra ceci : vos noms seront associés au moment où Haïti a cessé d’être naïve. Le moment où le peuple a compris que les sanctions américaines ne sont pas des actes de justice, mais des instruments de contrôle. Pour cette vérité révélée, même dans l’échec, la République vous dit merci, non par admiration, mais par lucidité imposée.

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