Haïti au bord du gouffre : 1,4 million de déplacés, 23 000 déportés en un mois

À l’heure où le Premier ministre de facto contesté, Alix Didier Fils-Aimé, multiplie les manœuvres dilatoires sous couvert de « dialogue », après la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition le 7 février dernier, Haïti s’enfonce dans une crise humanitaire d’une gravité extrême. Les chiffres ne mentent pas. Ce qui manque, ce sont des décisions.

En janvier 2026, plus de 1,4 million de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays, selon l’OIM. Elles fuient la violence, l’effondrement des institutions et l’abandon de l’État. Derrière ces statistiques, il y a des enfants déscolarisés, des mères sans soins, des familles entassées dans des abris précaires. Ce n’est plus une alerte : c’est un signal rouge national.

Dans le même temps, les expulsions s’accélèrent. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a recensé plus de 23 000 personnes renvoyées en Haïti en janvier, au-delà de la moyenne mensuelle de 2025. Renvoyer des Haïtiens vers un pays incapable d’assurer leur sécurité et leur dignité revient à institutionnaliser précarité et la détresse.

L’aide humanitaire continue, mais elle ne remplacera jamais la volonté politique. Il faut rétablir l’autorité de l’État, sécuriser les territoires, protéger les plus vulnérables et engager une transition crédible. L’heure n’est plus aux déclarations. Elle est aux actes. Car chaque jour perdu en calculs politiciens se paie en vies brisées et en avenir hypothéqué.

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