Dans un rapport publié le mercredi 4 mars 2026, la Fondation Je Klere (FJKL) dénonce ce qu’elle qualifie de stratagème de dilapidation des fonds publics par le Premier ministre de facto contesté, Alix Didier Fils-Aimé, qui aurait débloqué à trois reprises plusieurs millions de gourdes en faveur de l’Université Quisqueya, sous couvert d’appui financier.
Dans ce rapport de 13 pages, l’organisation de défense des droits humains présente un tableau détaillé des décaissements effectués par le Ministère de l’Économie et des Finances, alors dirigé par Alfred Fils Metellus, en faveur de cette institution universitaire dirigée par Jacky Lumarque, durant les mois de mai, juin et août 2025.
D’après les informations rendues publiques par la FJKL, l’État haïtien a d’abord débloqué, en mai 2025, une somme de 50 millions de gourdes en faveur de l’Université Quisqueya, sous la référence DGTCP/DCF/SO/BRH/686/05-2025. Un mois plus tard, en juin 2025, le Ministère de l’Économie et des Finances a procédé à un second décaissement de 50 millions de gourdes, sous la référence DGTCP/DCP/SO/BRH/749/06-2025. Puis, en août 2025, un troisième versement du même montant a été effectué, sous la référence DGTCP/DCP/SO/BRH/956/08-2025.
Au total, 150 millions de gourdes de fonds publics auraient ainsi été transférés à cette structure universitaire en l’espace de trois mois, officiellement au titre d’un appui financier. Une situation qui soulève, selon l’organisation, de sérieuses interrogations quant à la transparence et à la justification de ces décaissements.

L’affaire prend également une dimension politique lorsque l’on constate que le parti politique de Jacky Lumarque, le « Congrès patriotique », est aujourd’hui représenté au sein du gouvernement. C’est en effet cette formation politique qui a proposé le nouveau ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, Vijonet Déméro, désormais membre du cabinet ministériel dirigé par Alix Didier Fils-Aimé.
Pour la FJKL, ces révélations illustrent une gestion controversée et opaque du trésor public, dans un pays où des millions d’enfants sont privés d’école, où la faim frappe durement les familles et où la jeunesse peine à trouver les moyens de construire son avenir.
Dans un Haïti déjà fragilisé par l’insécurité, la pauvreté et l’effondrement du système éducatif, l’organisation estime que ces décaissements posent une question essentielle : celle de l’utilisation réelle des ressources publiques et des priorités de l’État.

