Dans les jours ayant suivi l’assassinat du président haïtien Jovenel Moïse, survenu dans sa résidence perchée sur les hauteurs de Port-au-Prince il y a plus de quatre ans, des agents fédéraux américains ont multiplié les démarches dans le sud de la Floride afin d’identifier d’éventuelles ramifications du complot.
Des mandats de perquisition ont ainsi été exécutés aux domiciles et dans les entreprises de quatre individus : deux responsables d’une société de sécurité de Miami-Dade ayant recruté les anciens militaires colombiens accusés du meurtre, un homme d’affaires de Broward soupçonné d’avoir financé leurs billets d’avion, ainsi qu’un résident de Tampa accusé d’avoir expédié des gilets balistiques vers Haïti.
Au fil de leurs investigations dans les documents, les courriels et les bureaux inspectés, les agents ont mis la main sur des factures Amazon liées à des insignes militaires, des dossiers financiers ainsi que des accords confidentiels impliquant une académie antiterroriste basée à Doral et un groupe international de financement installé à Miramar.
Les enquêteurs ont également découvert, au domicile de l’un des suspects — présenté comme un ancien informateur du FBI — des croquis et des notes manuscrites. L’une d’elles faisait mention de « Moïse » et du chef de gang « Jimmy Chérizier », alias Barbecue.
Cette note évoquait aussi un acteur politique haïtien identifié sous les initiales « JJJ », en l’occurrence l’ancien sénateur John Joël Joseph, qui a reconnu sa culpabilité dans cette affaire de complot, ainsi que « Aristide », l’ex-président Jean-Bertrand Aristide, figure emblématique du parti Fanmi Lavalas.
Un schéma regroupant ces différents noms comportait des symboles monétaires ainsi que les expressions « super blanchisserie d’argent » et « 9 groupes criminels ».
« Nous avons saisi des contrats, des échanges de communication, des services numériques et divers documents », a témoigné l’agent spécial du FBI Ty Morrison. Celui-ci avait participé à la perquisition menée le 27 juillet 2021 dans les bureaux de Walter Veintemilla à Miramar, avant d’être interrogé sur un autre accusé dans ce dossier : un médecin haïtien soupçonné d’avoir nourri des ambitions de succession à la tête de l’État.
