Alors que l’insécurité gagne du terrain et que l’incertitude politique s’intensifie, la machine électorale avance à marche forcée. Entre dépenses déjà engagées, flou autour du budget global et pressions sur l’Exécutif, le processus électoral de 2026 s’installe au cœur d’un bras de fer aux enjeux historiques.
Chargé par le Décret électoral du 1er décembre 2025 d’organiser les scrutins présidentiel, législatif et territorial, le Conseil Électoral Provisoire (CEP) accélère et impose son rythme. Selon le calendrier officiel, le premier tour est fixé au 30 août 2026, tandis que le second tour et les élections locales devraient se tenir le 6 décembre. Une feuille de route ambitieuse dans un pays fragilisé par des crises multiples.
Mais derrière cette volonté affichée, les chiffres donnent le vertige. Selon des informations obtenues par O-News 1ère auprès de sources internes, le Conseil Électoral Provisoire aurait déjà engagé plusieurs millions de dollars US entre octobre 2025 et mars 2026 pour lancer le processus.
« Déjà près de 20 millions de dollars américains ont été tirés d’un fonds estimé à 90 millions destiné à soutenir le processus électoral haïtien, géré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) », dévoile l’une de nos sources. Une accélération financière qui traduit la volonté du CEP d’avancer à tout prix, en dépit des blocages persistants et des incertitudes croissantes autour du gouvernement du Premier ministre de facto contesté, Alix Didier Fils-Aimé.
Cependant, l’ombre du doute plane toujours. Le budget électoral global reste inconnu du public, tandis que la spirale de l’insécurité menace directement la crédibilité et la faisabilité du processus. Avec une capitale largement sous l’emprise de groupes armés et plus de 1,4 million de déplacés internes, l’enjeu dépasse désormais la simple logistique électorale. C’est la crédibilité de l’État, la confiance populaire et l’avenir démocratique d’Haïti qui se jouent dans cette course contre la montre.
