Le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) tire la sonnette d’alarme sur les conditions de détention au Centre de rééducation des mineurs en conflit avec la loi (CERMICOL). Dans un rapport publié le 9 mars, l’organisation révèle une situation de surpopulation extrême et dénonce de graves violations des droits humains.
Construit pour accueillir 100 mineurs en conflit avec la loi, le CERMICOL abriterait aujourd’hui plus de sept fois sa capacité normale. Selon les données recueillies par le RNDDH, le centre comptait 719 détenus au 4 mars 2026, conséquence directe de l’effondrement du système carcéral et de la perte de contrôle de plusieurs prisons tombées aux mains de gangs armés.
Dans son rapport, l’organisation décrit des conditions de détention jugées inhumaines, où les prisonniers sont entassés dans des espaces totalement inadaptés. Une toilette ainsi qu’un dispensaire auraient même été transformés en dortoirs pour loger les détenus, une situation que le RNDDH considère comme une violation grave des droits fondamentaux.
Le réseau pointe également l’inaction des autorités intérimaires, accusées de ne pas répondre à l’urgence carcérale. Selon l’organisation, malgré plus de quatorze mois d’administration intérimaire, la justice haïtienne demeure dysfonctionnelle et incapable de faire face à la crise, laissant les détenus dans des conditions qui suscitent une vive inquiétude au sein des défenseurs des droits humains.
