Invité ce mardi 27 janvier à la matinale de Radio Télévision Caraïbes, l’avocat Guerby Blaise a lancé une charge frontale contre les positions de l’ancien président Jocelerme Privert et de l’ancien Premier ministre Jean Henry Céant, qui soutiennent que le Conseil des ministres doit assurer la gouvernance du pays après le 7 février. Une sortie qui vient raviver un brasier politique déjà sous haute tension.
Pour le juriste, l’invocation de l’article 149 de la Constitution par les deux anciens dirigeants relève d’une lecture erronée et politiquement opportuniste. Selon lui, le contexte actuel ne correspond en rien au scénario constitutionnel prévu pour justifier un transfert de pouvoir vers le Conseil des ministres, dénonçant une tentative de légitimation fragile et contestable.
Le docteur en droit pénal et politique criminelle estime que la seule référence valable demeure l’article 28.1 du décret instituant le Conseil présidentiel de transition (CPT). Il rappelle que cette disposition traite d’un empêchement temporaire, alors qu’Haïti se retrouve aujourd’hui face à une fin de mandat, et non une vacance provisoire. « La confusion est volontaire », laisse entendre Me Blaise, pointant une zone de flou juridique aux conséquences potentiellement explosives.
Plus incisif encore, l’avocat affirme qu’après l’expiration du mandat du CPT le 7 février, la légitimité du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé devient profondément contestable. À ses yeux, si les rédacteurs du décret avaient voulu offrir une autre base légale pour prolonger son pouvoir, ils l’auraient fait sans ambiguïté.
Cette prise de position agit comme un électrochoc dans le débat national. Elle expose les fragilités du cadre de transition, remet en cause l’architecture actuelle du pouvoir et sonne comme un avertissement clair : sans fondement juridique solide, Haïti risque de replonger dans un nouveau vide institutionnel, avec toutes les dérives que cela implique.
