La colère de centaines de ressortissants haïtiens a éclaté samedi 22 août 2026 devant l’ambassade d’Haïti au Chili. Incapables d’obtenir les certificats d’antécédents judiciaires exigés pour leurs démarches de régularisation, des manifestants ont forcé les grilles et pénétré dans les locaux diplomatiques, où des actes de vandalisme ont été signalés.
Dès 7 heures du matin, plusieurs centaines d’Haïtiens s’étaient rassemblés devant l’ambassade, située à Avenida República 590, pour réclamer une solution à leurs difficultés d’obtention des certificats d’antécédents judiciaires. Selon David Antoine, porte-parole de la communauté haïtienne au Chili, le Service national des migrations (SERMIG) exige ce document dans le cadre de certaines procédures de régularisation, alors que l’ambassade ne serait actuellement pas en mesure de le délivrer.
Face à l’absence de réponse, la tension est rapidement montée. Des mouvements de foule ont éclaté et certains manifestants ont forcé les grilles ainsi que la porte d’entrée avant de pénétrer dans les locaux pour tenter de rencontrer le consul. Des actes de vandalisme ont également été rapportés. David Antoine qualifie les événements de « très inquiétants et honteux », tout en soulignant le désespoir de compatriotes qui risquent, selon lui, de se voir ordonner de quitter le territoire chilien faute de pouvoir présenter le document exigé.
Le porte-parole estime que la crise est alimentée à la fois par les difficultés entourant la délivrance des certificats et par la désinformation ayant circulé au sein de la communauté. À cela s’ajoutent, dit-il, la précarité administrative, le chômage et les conséquences de la crise sociopolitique en Haïti. « Lorsqu’on n’a plus rien à perdre, ça peut devenir dangereux », prévient-il, craignant une aggravation de la colère si aucune solution rapide n’est trouvée.
Des policiers chiliens sont finalement intervenus sur les lieux pour disperser le rassemblement, alors que la situation avait déjà commencé à être maîtrisée. Les responsables de l’ambassade auraient demandé aux manifestants de quitter les lieux et promis de rencontrer les personnes concernées afin de leur présenter les mesures envisagées.
Au lendemain de ces incidents, la représentation diplomatique haïtienne au Chili n’avait toutefois fourni aucune communication officielle, laissant de nombreuses interrogations au sein de la communauté haïtienne.
