Le hantavirus inquiète : « Haïti doit se préparer avant qu’il ne soit trop tard », alerte un épidémiologiste

Alors qu’un rare hantavirus de souche Andes suscite l’inquiétude après plusieurs décès liés à une flambée internationale, Haïti est appelée à ne pas répéter les erreurs de la COVID-19. Sans céder à la panique, les autorités sanitaires doivent renforcer dès maintenant la surveillance, la prévention et la préparation du pays. Interview avec l’épidémiologiste Alexandre Raphaël Jacinthe.

O-N 1ère : Dr Jacinthe, c’est quoi le hantavirus ?

ARJ : Le hantavirus est un virus qui se transmet principalement par certains rongeurs sauvages infectés, notamment les rats. L’être humain peut être contaminé au contact de leurs urines, excréments ou salive. Il existe plusieurs souches dans le monde, dont la souche Andes, qui inquiète particulièrement les autorités sanitaires.

O-N 1ère : En quoi le hantavirus est-il dangereux pour l’homme ?

ARJ : Ce virus peut provoquer des complications respiratoires graves et parfois mortelles. Chez certaines personnes, l’infection entraîne une forte fièvre, des douleurs musculaires, une fatigue intense et des difficultés respiratoires pouvant évoluer rapidement. Son taux de létalité peut être élevé dans certains cas.

O-N 1ère : Le hantavirus peut-il se transmettre de personne à personne ?

ARJ : Dans la majorité des cas, le hantavirus ne se transmet pas facilement d’homme à homme. Toutefois, la souche Andes est particulière, car elle peut, dans certains cas rares, se transmettre entre humains lors de contacts étroits et prolongés avec une personne infectée. C’est d’ailleurs ce qui inquiète les autorités sanitaires internationales.

O-N 1ère : Haïti doit-elle s’inquiéter de ce nouveau virus, Dr Jacinthe ?

ARJ : Haïti ne doit pas céder à la panique, mais le pays doit prendre cette alerte au sérieux. Le risque d’une grande pandémie est actuellement considéré comme faible, car ce virus ne se transmet pas aussi facilement que la COVID-19. Toutefois, son taux de létalité peut être élevé et son incubation peut durer plusieurs semaines, ce qui exige une surveillance sanitaire rigoureuse.

O-N 1ère : Que devrait faire le ministère de la Santé publique ?

ARJ : Le MSPP devrait immédiatement renforcer la veille épidémiologique dans les ports, aéroports et postes frontaliers, former les agents de santé à reconnaître les symptômes suspects, préparer des protocoles d’isolement et mettre en place un mécanisme rapide de notification des cas. Haïti ne peut pas attendre l’apparition d’un premier cas de hantavirus Andes pour improviser. Haïti doit se préparer avant qu’il ne soit trop tard.

O-N 1ère : Pourquoi cette préparation est-elle importante pour Haïti ?

ARJ : L’expérience de la COVID-19 a montré les limites de notre système : faible anticipation, manque d’équipements, communication tardive et surveillance insuffisante. Face à un virus rare mais potentiellement mortel, la meilleure arme reste la prévention : informer, surveiller, isoler rapidement et collaborer avec les organismes internationaux.

O-N 1ère : Quel message envoyer à la population ?

ARJ : La population doit rester informée sans paniquer. Les autorités sanitaires doivent expliquer clairement les symptômes possibles — fièvre, fatigue, douleurs musculaires, difficultés respiratoires — et demander aux personnes revenant de zones à risque ou ayant été en contact avec des cas suspects de consulter rapidement.

Oui, Haïti ne doit pas paniquer, à en croire le Dr Alexandre Raphaël Jacinthe, mais doit se préparer dès maintenant. Le hantavirus de souche Andes a été signalé récemment après une flambée sur le navire MV Hondius, avec plusieurs décès. Cette souche est rare, mais préoccupante parce qu’elle peut, dans certains cas, se transmettre d’humain à humain lors de contacts étroits prolongés.

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