Un rapport récent du Bureau des droits de l’homme des Nations Unies, rendu public mardi 24 mars, dresse un tableau glaçant de la situation sécuritaire en Haïti. Malgré des avancées opérationnelles des forces de sécurité, la population continue de subir la loi brutale des gangs, tandis que les opérations armées et les milices d’autodéfense aggravent le bilan humain.
Selon l’organisation onusienne, des milliers d’Haïtiens vivent encore sous un régime de terreur imposé par des gangs qui organisent des « procès » arbitraires, imposent des amendes pour la libération de captifs et exécutent sommairement des personnes, dont les corps sont parfois brûlés. Les femmes et les filles restent particulièrement exposées aux violences sexuelles, tandis que les enlèvements, l’extorsion et le pillage des biens publics et privés se poursuivent à grande échelle.
« Les gangs ont terrorisé la population en multipliant les meurtres, les enlèvements, le trafic d’enfants et les extorsions aux points de contrôle illégaux », a dénoncé Marta Hurtado, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme. Elle a également pointé la destruction et le saccage de nombreuses infrastructures et propriétés.
Le rapport souligne toutefois que les violences ne peuvent être attribuées uniquement aux gangs. Les opérations menées par les forces de sécurité, l’implication d’acteurs privés ainsi que les actions de groupes d’autodéfense ont également provoqué des pertes civiles, parfois causées par des tirs perdus ou l’usage de drones explosifs.
D’après les chiffres vérifiés par l’ONU, 5 519 personnes ont perdu la vie et 2 608 autres ont été blessées entre le 1er mars 2025 et le 15 janvier 2026. Les gangs seraient responsables d’au moins 1 424 décès et 790 blessés. Les opérations anti-gangs conduites par les forces de sécurité auraient fait 3 497 morts et 1 742 blessés, tandis que les attaques de groupes d’autodéfense auraient causé 598 morts et 76 blessés.
Face à cette hécatombe, l’ONU appelle à une réponse urgente, coordonnée et respectueuse des droits humains. Pour de nombreux observateurs, seule une stratégie globale mêlant sécurité, justice et reconstruction institutionnelle pourra stopper cette spirale de violence qui plonge chaque jour davantage la population haïtienne dans la peur et l’incertitude.
