Virage décisif ou coup de force politique ? En modifiant en urgence le mandat du Conseil électoral provisoire, le Premier ministre de facto et contesté accélère la machine référendaire et rebat les cartes d’un processus électoral déjà miné par les doutes, les rivalités et la crise de légitimité.
Réuni en Conseil des ministres vendredi dernier, le pouvoir de facto, sous la houlette d’Alix Didier Fils-Aimé, a adopté une modification ciblée du mandat du Conseil électoral provisoire (CEP), lui accordant désormais une base juridique explicite pour piloter l’organisation du référendum.
Un document succinct de deux articles, déjà en circulation, dont O-News 1ère a eu copie, autorise l’institution à « prendre toutes les dispositions nécessaires pour l’application des articles 12 et 14 du Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections, adopté le 21 février 2021 ».
Dans un climat politique sous haute tension, cette initiative est perçue par plusieurs secteurs comme une tentative de reprise en main du calendrier électoral. Le Premier ministre de facto et contesté, accusé par ses détracteurs de vouloir remodeler la composition du CEP avec l’appui d’alliés stratégiques, semble ainsi ouvrir la voie à des ajustements majeurs du cadre réglementaire des scrutins à venir.
Au-delà des considérations techniques, cette décision pourrait redessiner en profondeur les équilibres de la transition. L’inscription formelle du référendum dans le dispositif électoral relance les interrogations sur la légitimité des réformes engagées et sur la capacité réelle d’Alix Didier Fils-Aimé à restaurer la confiance d’une population en quête urgente de repères démocratiques et de stabilité nationale.
