150 millions de gourdes sous « sécurité nationale » : l’Université Quisqueya sommée de publier les documents sur ce « financement opaque »

Le dossier du financement de l’Université Quisqueya continue de faire grand bruit. Selon la « Fondasyon Je Klere (FJKL) », les 150 millions de gourdes de fonds publics auraient été versés sous la rubrique « sécurité nationale », une classification jugée troublante pour une institution universitaire et qui soulève de sérieuses interrogations.

Selon Marie-Yolène Gilles, directrice exécutive de la Fondasyon Je Klere (FJKL), l’Université Quisqueya, dirigée par le recteur Jacky Lumarque, aurait bénéficié de ces fonds publics dans des conditions qui interrogent. Le dossier du « financement opaque » de l’Université Quisqueya par le Premier ministre de facto contesté Alix Didier Fils-Aimé continue ainsi de provoquer de vives réactions et d’alimenter les critiques dans l’opinion publique.

D’après les informations rendues publiques par la FJKL le 4 février dernier, l’État haïtien aurait procédé à trois décaissements successifs en 2025, chacun d’un montant de 50 millions de gourdes. Un premier versement en mai, un second en juin, puis un troisième en août, pour un total de 150 millions de gourdes transférés à l’établissement universitaire.

Ces révélations posent une question de fond : pourquoi une université aurait-elle bénéficié de fonds classés dans la rubrique « sécurité nationale » plutôt que dans celle destinée à la recherche, à l’enseignement supérieur ou au développement académique ? Face à la polémique grandissante, l’Université Quisqueya est appelée à publier les documents officiels justifiant ces décaissements et à clarifier les circonstances exactes dans lesquelles ces ressources publiques lui ont été attribuées, jugent des observateurs.

L’affaire prend également une dimension politique sensible. Le recteur Jacky Lumarque est à la tête du parti Congrès patriotique, aujourd’hui représenté au sein du gouvernement. C’est en effet cette formation qui a proposé Vijonet Déméro comme ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle dans le cabinet dirigé par Alix Didier Fils-Aimé, un élément qui renforce encore les soupçons et les interrogations autour de cette affaire.

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